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mardi 1 novembre 2016

Le livre du mois: Ashlesha de Jer Keene


Pour tous les anglophones en recherche d'un bon bouquin, permettez nous de vous recommander une petite perle.Si vous ne devez lire qu’un seul livre en anglais ces prochains temps, c’est celui-ci. Il va tellement au delà de la classique romance M/M, un genre qui pour son effort de représentation s’arrête généralement justement au critère de la romance M/M, avec neuf fois sur neuf  (allez neuf fois sur neuf fois et demi, je suis gentille)  deux individus blancs, la plupart du temps anglais ou américain. (ou écossais pour une scène avec kilts).

Mais ici…le personnage principal est mi-Maori par son père, mi-Singapourien par sa mère, et a une collection de demi-frères et soeur qui couvrent un sacré paquet d’ethnies du Sud -est asiatique, il y a des personnages de toutes origines dans tous les coins et l’auteur n’en oublie pas pour autant les autres types de représentation: asexualité, transgenre, j’en passe et des meilleurs, mais aussi représentation couvrant le domaine des handicaps, un personnage doté de prothèses, et des problèmes psychologiques,surtout les syndromes post-traumatiques.

Quelle est la dernière fois que vous avez lu un livre jubilatoire où sur tout le casting, il y avait un personnage blanc, un seul? Et où il était le love interest, et pas le héros principal, mâle et virile?
Parce que oui, en plus, c’est jubilatoire. Humour, explosions, horrible jeux de mots (votre anglais devra tenir la route tout de même), et des petites allures de thriller, conspiration & services secrets & tout le bataclan du genre. C’est comme un film d’action, si ceux ci avaient un scénario tenant  la route, un casting varié et que le pairing principal était gay, plutôt que le classique héros/bimbo. Notons d’ailleurs que Ashlesha se paye le culot d’avoir la meilleur scène de sexe hétéro que j’ai lu depuis longtemps, intelligemment écrite j’entends surtout, et qui contribue à la cohérence de l’ensemble: toutes les nuances représentées!

Enfin, et ce n’est pas le moins important, c’est aussi très probablement la meilleur représentation de la question du safe sex que j’ai jamais trouvée, toutes lectures confondues, et la preuve que cela peut tout à fait être des questions intégrées dans une scène, et même rendre celle-ci meilleure.
Vous pouvez trouver l’e-book là ou sur Amazon et une version physique du livre devrait être disponible prochainement.


vendredi 23 septembre 2016

A moi seul bien des personnages de John Irving.





De plus en plus d'auteurs s'attaquent à des thèmes autrefois tabous, mais pour l'amateur de livres un peu difficile quand à la qualité de ses lectures, la beauté de la plume n'est pas toujours au rendez-vous.
Alors un auteur américain majeur & contemporain qui traite de bisexualité, de transidentité, le tout dans une plume sans concession ?

C'est toute une vie que contient ce roman. Une vie qui a d'ailleurs bien des points communs avec celle de l'auteur, sans que jamais le lecteur sache où est la limite exactement entre la réalité de John Irving et la fiction de Billy, notre narrateur.
Celui-ci, tournant autour des soixante dix printemps, revient sur toute son existence, depuis son enfance dans un trou paumé du Vermouth, à admirer son grand-père directeur de scierie brûlant les planches dans les rôles de femmes, jusqu'à l'épidémie du Sida qui ravagea la communauté gay. On y découvre les difficultés d'une jeune bisexuel pour se comprendre, puis s'accepter, et se faire accepter, autant de sa mère, de sa famille, que plus tard de ses compagnons et compagnes. Pour ses liaisons masculines, il est un gay à moitié dans le placard, et ses liaisons féminines n'ont pas l'air bien rassurées non plus !
Le genre et la littérature se croisent et se mélangent, les deux thèmes qui corsètent le roman et lui donnent son souffle. Amateur de théâtre, Billy adolescent fait partager au lecteur tout autant son admiration pour les personnages de femmes chez Ibsen, ses opinions sur Caliban et sur le genre d'Ariel dans La Tempête, son amour pour la mystérieuse bibliothécaire ou son très dangereux béguin pour le plus beau lutteur du lycée, son ange terrible, dont l'image le poursuivra toute sa vie.
Ce n'est pas un livre très gai : sans même parler des années sida, où le narrateur va voir disparaître tant d'amis et d'amants, c'est un homme qui ne saura jamais se contenter d'une seule personne bien longtemps et chez qui on sent la nostalgie de rester auprès d'un amant ou d'une maîtresse aussi longtemps que  de son amie de coeur et d'enfance, Elaine.
C'est un très beau livre, triste ou pas, qui sait aussi faire partager tout à la fois son amour des lettres que son ode à la tolérance, et les dernières scènes, avec ce narrateur vieillissant devenu mentor, sont très touchantes.
Un seul petit reproche, un esprit chagrin pourrait lui trouver une ou deux longueurs et répétitions, et quelques traits forcés, mais on les pardonne bien vite face à tant de talent !

Et si cela vous donne le goût de John Irving, Pandora tient à vous recommander aussi, L'oeuvre de Dieu, la part du Diable, un magnifique roman sur le thème de l'avortement, entre autre. 

vendredi 5 août 2016

Dis Pandora, parle-nous de roman et de féminisme...(Chronique 1)


 La question du jour est : Un roman passionnant, facile à dévorer, parlant de féminisme, d'intersexualité, du pouvoir féminin sur sa propre sexualité, ça existe en français ? Non, parce qu'à traîner sur le net, on pourrait penser que seuls les auteurs anglo-saxons sont à la pointe... Pas de panique, ce n'est pas une interro, et je vous donne déjà la réponse :
Pour ceux qui ne le connaissaient pas encore : Le Choeur des Femmes de Martin Winckler, c'est tout cela, et plus encore.