vendredi 5 août 2016

Dis Pandora, parle-nous de roman et de féminisme...(Chronique 1)


 La question du jour est : Un roman passionnant, facile à dévorer, parlant de féminisme, d'intersexualité, du pouvoir féminin sur sa propre sexualité, ça existe en français ? Non, parce qu'à traîner sur le net, on pourrait penser que seuls les auteurs anglo-saxons sont à la pointe... Pas de panique, ce n'est pas une interro, et je vous donne déjà la réponse :
Pour ceux qui ne le connaissaient pas encore : Le Choeur des Femmes de Martin Winckler, c'est tout cela, et plus encore.



Il est fort rare que je dévore un pavé aussi vite mais là, 671 pages à toute allure tant j'étais enthousiasmée et je l'ai refermée désolée que ce ne soit pas plus long !
De quoi parle donc ce roman qui m'a ainsi enthousiasmée ? Jeune interne, Jean Atwood se retrouve dans le service Médecine de la femme, un simple service de consultations, malgré un rêve de chirurgie gynécologique. Seulement, le docteur Karma est bien plus que le vieux barbu imaginé. Et les femmes, surtout, les centaines de femmes qui défilent dans le service pour y dévoiler leurs malheurs, leurs peurs, leurs tracas, leurs questionnements, des femmes blessées, généralement issues des couches sociales les plus défavorisées, des femmes souvent dont ce service est le dernier recours face à des médecins sûrs d'eux, paternalistes et autoritaires qui ne supportent pas qu'elles refusent de plier ou de rentrer dans les cases, ou que simplement leurs corps ne réagissent pas de la manière désiré. Féminisme, respect, intersexualité, rapports de pouvoir entre soignants et soignés, rapports de séduction entre laboratoires et médecins, ce livre ne s'interdit aucun tabou. Et, ce qui ne cache rien, cela n'a rien d'un texte sec, c'est facile à lire et palpitant.
C'est un de ces romans passionnants et intelligents auxquels nous sommes prêts à pardonner les petits détails secondaires, comme la coïncidence ébouriffante d'improbabilité de la fin et un ou deux clichés comme le personnage de la grand-mère, pour le bonheur qu'il apporte. Le bonheur et aussi la colère, bien sûr, car ce sont des sujets terribles et réels, mais il se dégage une telle humanité de ce roman qu'on le referme avec un sourire.
Ne croyez pas qu'il ne s'adresse qu'aux femmes. C'est une lecture à mettre entre toutes les mains !

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